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EROS NECROPSIQUE LYRICS

Pathos

"Pathos" (1998)

1. Le départ
2. Mathilde
3. Ultime révérence
4. La scission déchirante d'une illusoire fusion
5. Le deuil du merveilleux
6. Noyade
7. Séléné
8. Aujourd'hui, deux mains
9. Le douloureux souffle de l'authenticité







1. Le départ

Planter là les bonnes gens et leurs sourires si doux :
Voici l'impératif qui me dévore le ventre .
Rejetant la pitié, je veux quitter le centre
De l'attention sereine dont on pare les fous.

Ô juges apeurés qui surveillez mes actes,
L'illusion votre amie, sa main m'a refusée,
Et je ne puis signer de mon sang votre pacte
Car la terre a grand soif et je dois l'abreuver.

Je devais fuir hier et ne suis aujourd'hui
Que mon ombre égarée en retard sur moi-même.
Vous n'avez rattrapé qu'une carcasse blême,
Dont les os sont rongés par le froid et l'ennui.

Veuillez me faire sortir de la lugubre geôle,
Où les grands murs résonnent du fracas de ces poings
Connectés, réflexifs, au néant de contrôle ;
Car d'asile je n'ai ni envie ni besoin.

Pantins assujettis au devoir de vivre,
Affectez l'apathie, rendez ma liberté ;
Que je puisse sortir, tout habillé de givre,
De votre beau et grand royaume d'inanité !


Mes pensées m'ont rongé ; l'orifice est béant.
Je vous prie chers amis de me laisser partir,
A bord de ce bateau, ivre selon vos dires,
Où mon esprit voguera jusqu'au seuil du néant.

J'ai le regard lucide - celui qui vous effraie -
Il ne faut jamais voir ces vérités qui blessent.
Pour vous mieux vaut survivre, fût - ce dans la bassesse,
Edifier les mensonges pour en masquer le Vrai.

Dès les premiers instants, c'est souffrance qu'est la vie.
La vanité du jeu dévoile la déchirure ;
Et la perforation de l'hymen par le vit
Engendre quelquefois une nouvelle blessure.

La plus belle chose que l'on puisse souhaiter aux aimés
Est de ne plus souffrir - donc de s'éteindre enfin -
Mais ce souhait si fragile ne peut être que feint,
Car l'on ne veut la mort des êtres estimés.

Nous sommes des égoïstes, et nous préférons fuir
Plutôt que d'envelopper l'aimé du dernier drap.
Je veux ne plus vouloir. Laissez-moi donc partir !
Ne soyez point jaloux, car votre tour viendra. Patience.




2. Mathilde

M alade est mon esprit assoiffé de tendresse.
A ffectée est ma chair d'une interne brûlure.
T 'aimer, je désire, hors des champs de la luxure ,
H umer le parfum doux et pur de ta jeunesse.
I l me faut guérir l'hémoptysie cérébrale.
L 'union antépénétrative de nos corps
D énudés est le rêve dont je jouirai encore
E n mourant, ton prénom béni du dernier râle.




3. Ultime révérence

Peu m'importe le sort que vous réserverez
A cet amas de chair, de glaires et de sang.
Que la puanteur aigre, que le fumet puissant,
Vous rappelle l'âme hideuse qu'alors vous pleurerez.

Dites-vous bonnes gens que c'est sur votre sort
Que vous versez ces larmes, et non sur celui qui,
Vivant, ne proclamait que son désir de mort,
Qui vous faisait sourire, par dédain ou mépris.

Je vous dis : " à jamais ! ", et tire ma révérence.
Mon cadavre aujourd'hui est trop lourd à traîner.
Fruit du hasard du jeu des jets de la semence,
Ma souffrance est issue du malheur d'être né.


Quand vous lirez ces lignes, ce " je " sera détruit ,
Sujet spectral glissant sur un mode passé ;
Locuteur clairvoyant devenu un autrui
Grammatical absent du réel de pensée.

" Pense à nous : ne meurs pas. Souffre mais sois vivant ! " :
Cette prière immonde, je ne puis exaucer,
Car du Christ, l'étoffe, je suis las d'endosser,
Et veux fuir le combat de vos moulins à vent .

Mais il est temps, messieurs, pour moi de faire silence.
Les rails vibrants chantent le chaos libératoire.
Face à mon corps tendu, les yeux luisants s'avancent.
Voici l'ultime étreinte, je vous souhaite bonsoir...




4. La scission déchirante d'une illusoire fusion

Beauté, ma solitude a côtoyé la tienne,
Mais l'hermétisme épais n'a point offert de faille.
Nous avons cru mêler nos âmes et nos entrailles
A jamais, défiant l'érosion quotidienne.

Je te regardais vivre à travers la paroi
De verre de mon autisme, et étais apaisé
Par ta voix. Ô ma reine, tu m'as couronné roi.
Notre royaume fut ce nous idéalisé.

Nos corps se sont mêlés de frissons hasardeux.
Nous nous imaginions, heureux, ne plus faire qu'un.
Mais deux corps emboîtés ne sont jamais que deux ;
De moyen de fusion, il n'en existe aucun.

Quant aux esprits, ils courent après la délivrance,
Cherchant à se rejoindre à l'acmé du plaisir. "
Petite mort " ne donne de l'autre que l'absence.
L'individu s'éteint ; rien n'est plus à saisir.


Les amants apaisés sont parés du costume
De leur peau. Entre eux deux, Apollon, en vainqueur,
Se tient droit. Ils s'embrassent, emportés d'amertume,
Cultivant l'illusion qui s'acharne en leurs curs.

Mais la séparation est une déchirure.
Aux cris de solitude, le silence fait écho.
En l'être abandonné se dessine la fêlure,
Chant macabre teinté de craquements cervicaux.

Il me faut, solitaire, poursuivre le voyage.
Hélas, mis en abîme, j'ai mal de subsister.
La barque sombre, elle coule, n'ayant pour équipage,
Qu'un enfant qui ne peut pas même se supporter.




5. Le deuil du merveilleux

Sous le pied de l'Homme gît
La pureté de l'enfance,
Ce regard d'innocence
Où brille la magie.
Le merveilleux est mort.
Son cadavre en lambeaux
Pourrit dans l'esprit " fort "
De l'adulte-tombeau.

J'ai le dégoût du cerf
Qu'est devenu le faon ,
Et celui de ce sang
Ruisselant sur le fer
Qui déchira le bois
Et la chair de l'enfant,
Tout en les unissant
En un symbole de foi.


Les Fantasmes étranglés
Et voués à disparaître ;
Le désir aveuglé
Dont on n'est point le maître
Se meurt dans la tristesse
D'un désarroi blasé.
Le rêve alcoolisé,
Lui seul, tient ses promesses...

Ô Morphée, mon amour,
Je t'en supplie prends-moi.
Enchaîne-moi, retiens-moi
De tes liens de velours.
A jamais, mon amant,
Je veux que tu m'enlaces.
Délivre-moi, de grâce,
Par ton emprisonnement.




6. Noyade

Les dents serrées, les yeux mi-clos,
Je me dévêts avec lenteur,
Et referme sur moi l'enclos
Psychique d'un voeu destructeur.

Sur le sol glacé je m'étends
Et, souillé de mes déjections
Mentales et physiques, je tends
A l'auto-purification.

Mon corps se traîne jusqu'au lieu
Où l'eau arrache le manteau
De sueur à l'Homme, et ses cristaux
De déchets odorants et bilieux.

Le regard voilé par une pluie
De poignards liquides et salés,
Je berce la lame qui luit,
Promesse encore immaculée.


La chair dévoile ses mystères,
Offrant à la morsure intime,
La grâce bleutée des artères
Gonflées en un appel ultime.

Coule ma vie, coule mon sang !
Nourrit ce tombeau de faïence.
Je m'unis à lui par alliance,
Et me vide en le remplissant.

A mon sang se mêlent l'urine,
La sueur, les larmes, les excréments.
Le niveau atteint ma poitrine
Et monte inexorablement.

Affaibli, je ne peux hisser
Ma tête hors du bain transvaseur .
Suffoquant, seul, à mort blessé,
Les secondes me semblent des heures.




7. Séléné

Dans le berceau des cieux,
La princesse a souri.
Les ténèbres, charmées,
Ont joui de sa lumière.
La pâleur de ses yeux
A défloré la nuit.
La nature sublimée
L'honore de ses prières.

Lune tu as pour nom,
Bel astre millénaire,
Egérie fascinante,
Maîtresse de nos nuits.
Tu es le grand chaînon
Manquant que l'on vénère,
Fragile revenante,
Force de désennui.

Ta rousse chevelure
Dissimule parfois
Ton rond corps blanc laiteux
Au regard des étoiles.
Reine de la froidure
En qui nous avons foi,
Nous autres, êtres boiteux,
Couvre-nous de ton voile.



Je veux être l'élu
Qui jouira du plaisir
De se faire dévorer
Par la belle nocturne.
Ô bonheur absolu,
Je n'ai qu'un seul désir :
Entre mes doigts serrer
Le pied blanc de la lune.

Voici que retentissent
Les lugubres accords
Des hurlements de la
Terrestre symphonie.
Vois tous ces sacrifices,
Ces âmes et ces corps,
Brûler pour toi, Luna,
Assoiffés d'infini.

N'est-ce point un fardeau
Que cette solitude
Pour toi, de la nuit l'il
Blanchâtre du mystère ?
Fillette, ton landau
Est cette lassitude,
Cette froide aura de deuil,
Erotisme orbitaire.

Résignons-nous à vivre
Cette horreur magnifique :
A jamais séparés,
Unissons nos soupirs.
Mais pleurant je m'enivre
D'un espoir édénique :
De mes crocs déchirer
Ton être et le ravir.




8. Aujourd'hui, deux mains

N'oublie pas, mon ami,
N'oublie pas, m'as-tu dit,
Qu'une main attendrie
Est là, qui prend la tienne.

Sa chaleur est un feu
Ravageur et profond
Qui s'immisce et m'émeut,
En mon cur qui se fond.

De nos deux mains soudées,
L'étreinte est ravageuse,
Forte, belle, et piégeuse :
Je ne puis m'évader.


Je suis pendu à toi ,
Ton bras est ma potence ;
Et mon esprit balance
Aux cordes de tes doigts.

Vois comme j'aspire enfin
A terminer la danse.
Cadavre qui se pense,
Je suis déjà défunt.

N'oublie pas, mon ami,
Que mon mal est la vie.
Guéris-moi, je t'en prie :
Repousse-moi à deux mains.




9. Le douloureux souffle de l'authenticité

La bulle inorganique
Dans laquelle je transpire,
Livré aux doigts spongieux
Des spectres du dégoût,
Colle à mon corps saignant,
Tel un lourd placenta,
Camisole de chairs
Epaisses et suintantes.

Je ne puis supporter, Aujourd'hui, la présence,
D'autres consciences qui,
Communiquant, me souillent.
Je m'enfuis et m'efface,
Et mon intimité
Engendre l'absolue
Répulsion viscérale.

Dans ma tête la bulle
De mercure s'éparpille.
Je ne peux retenir
Ce " je ", qui se fragmente,
Qui coule par mes yeux,
Mon sexe et mes narines ;
Mais le foyer souffrant,
Toujours nauséeux, vit.


Je crache et je vomis
Au visage de l'Homme,
Et sur mon âme hideuse,
Je m'assieds et défèque.
Hypocrisie malsaine,
Et vulgaire irrespect,
Lourdes illusions creuses
Dont on ne s'affranchit...

J'ai cette répugnance
Pour la chair, le mélange,
Le grand combat intime,
La violence sensuelle ;
Pour la viande qui coule,
Pilonnée, réceptacle,
De ces larmes de sève
Qui giclent d'autres viandes.

Tout m'est insupportable :
L'ouverture des paupières,
La compagnie humaine,
Et la mienne avant tout.
Du monde, je m'isole,
Et m'estompe et m'oublie.
Je veux mourir enfin.
Je hais ce que je suis.

 


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